Rétrospective des travaux de réfection du Manoir du Tourp
Pour agencer ces différents espaces, la collectivité a retenu l’idée de restaurer les corps de bâtiments de cette ancienne maison seigneuriale du XVIIème siècle avec des matériaux à l’identique, tout en respectant l’intégrité de l’architecture du manoir.
Les responsables de la Communauté de communes de la Hague ont mobilisé d’importants moyens humains et matériels (entre 1998 et 2002) pour que cette ferme-manoir qui a subi d’importantes transformations au cours des siècles, devienne un véritable lieu de mémoire et de rassemblement pour toute la population locale.
Authentique témoignage de l’architecture du XVIIème siècle, le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre, l’architecte Patrick Mauger ont souhaité restaurer ces bâtiments en conjuguant histoire et modernité et en donnant à cet espace patrimonial beauté et fonctionnalité.
Les façades existantes sur cour sont conservées ainsi que les toitures en schiste. Les couvertures des deux corps de bâtiments qui étaient en tuiles ou ardoises ont été refaites en schiste avec de nouvelles charpentes, soit en chêne à l’ancienne, soit en bois lamellé-collé chêne, ce qui est une véritable innovation.
Les murs intérieurs de pierres apparentes ont été conservés et traités à la chaux. Les planchers et les plafonds ont été refaits pour supporter les charges nouvelles et incorporer les fonctionnalités techniques (électricité, éclairage, chauffage, climatisation…). Les sols en béton ciré rappellent les intérieurs anciens des fermes.
Dans le cellier et les granges, les volumes sont traités de manière plus contemporaine, tout en gardant l’utilisation de matériaux traditionnels. Les éléments remarquables ou pittoresques sont conservés et mis en valeur : escalier circulaire, jambages de cheminée, anciennes portes, linteaux cintrés et pierre, support de poutre.
L’hôtel-restaurant ainsi que la façade de l’espace patrimonial affirment leur contemporanéité avec l’utilisation de grandes parties vitrées.
Aux étages, les planchers ont été réalisés avec des poutres et solives en chêne. Des parquets à lames larges en chêne habillent les planchers. Epais, ils amortissent le bruit des pas et renforcent l’aspect feutré du lieu.
La réfection des menuiseries est réalisée selon les dessins d’origine. Le chêne est encore présent, seul entorse à l’histoire : le double vitrage. Pour les trois corps de grange, les menuiseries sont en acier fin. Les encadrements de fenêtres sont traités en panneaux de bois.
Les murs malgré leur solide apparence ont révélé une certaine fragilité, ce qui a nécessité d’importants travaux en sous-œuvre sur certains bâtiments.
Les nouvelles charpentes ont été dessinées à l’ancienne. Les charpentiers de Paris se sont distingués par leurs prouesses techniques en réussissant à remplacer les poutres maîtresses (1 tonne) de l’édifice principal sans toucher à la toiture.
Les percements dans les toitures reprennent le principe de petits vitrages anciens intégrés dans les schistes évitant l’aspect châssis de toit.
Et enfin, les escaliers en bois exotique s’apparentent à des objets qui s’installent dans les bâtiments de pierres. Le mobilier en chêne, fabriqué spécialement pour le manoir, s’inscrit dans l’esprit campagnard du lieu.

